Quartiers, frontières et inégalités sociales à Paris

Quartiers, frontières et inégalités sociales à Paris

 

Introduction

Intéressons-nous maintenant aux différents logements qui apparaissent dans le roman de Modiano (la chambre de bonne d'Odile, l'appartement de Bellune, l'appartement de Béjardy, les pavillons de la cité universitaire où vivent Brossier et Jacqueline Boivin, l'appartement de Louis et Odile, l'appartement de Mary Bakradzé, etc.). Ce petit itinéraire nous permettra de découvrir l'importance des quartiers, sorte de petits villages au cœur de Paris, ainsi que l'existence de frontières invisible dans la ville, témoins d'inégalités sociales toujours plus fortes.

 

Documents

Document 1: Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981, pp.29-31; 42-43.

Document 2: Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981,p.37.

Document 3: Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981, pp.64-67.

Document 4: Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981, pp.84-91; 153-154.

Document 5: Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981, pp.99-100.

Document 6: Patrick Modiano, Une jeunesse, 1981, p.105.

Document 7: Jacques Prévert, Paris est tout petit, 2009.

Document 8: Jacques Roubaud, La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains, 1999.

 

Document 1


La chambre de bonne d'Odile (pp.29-31; 42-43)

Elle traversa la cour de ce bloc d'immeubles rouge brique de la porte Champerret. Dans l'ascenseur, elle appuya sur le bouton du cinquième et, quand elle fut arrivée à cet étage, le dernier que desservait l'ascenseur, elle gravit1 encore un petit escalier, suivit un couloir.

La chambre est mansardée2. Il y avait juste le passage entre le lavabo et le lit. Fixées au mur beige, les photos d'une chanteuse noire et d'un chanteur américain. Du radiateur, dont la taille était disproportionnée à la dimension exiguë3 de la chambre, émanait4 une chaleur trop forte.

Elle ouvrit la fenêtre d'où l'on voyait, à l'horizon, le haut de l'Arc de triomphe. [...]

Elle avait oublié d'acheter quelque chose à manger, mais, de toute façon, il ne lui restait presque rien de son dernier salaire. Depuis qu'elle ne travaillait plus à la parfumerie de la rue Vignon, elle passait toutes ses journées au Palladium, comme on s'attarde dans un bain.

Elle mit un disque sur l'électrophone qui se trouvait par terre, au pied du lit. Puis elle éteignit la lampe de chevet. Elle écoutait de la musique, allongée dans l'obscurité, avec, en face d'elle, le carré de la fenêtre, un peu plus clair. Comme il manquait la manette5 pour régler le radiateur, il était impossible de baisser la chaleur, et elle laissait toujours grands ouverts les deux battants6 de la fenêtre.

 

La trouée7 du boulevard Bineau. Elle était arrivée sur une esplanade8, à la frontière de la ville.

Il suffisait de marcher dans la trouée du boulevard vers Neuilly et ce serait comme si l'on arrachait à un marécage9 et que l'on gagnait le large.

Mais elle traversa la cour du grand bloc d'immeubles, à gauche, et elle monta l'escalier. Dans sa chambre, elle s'allongea sur le lit et s'endormit aussitôt, sans même se déshabiller ni éteindre la lampe de chevet.

Patrick Modiano, 1981, Une jeunesse, Paris, Editions Gallimard, Collection Folio, pp.29-31; 42-43.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Monter avec effort.

2 Dont une paroi est en pente du fait de l'inclinaison du toit.

3 Qui a un espace insuffisant (syn. étriqué, étroit, minuscule, petit, restreint).

4 Provenir d'une source physique (syn. se dégager, s'exhaler).

5 Poignée que l'on manœuvre à la main pour commander un mécanisme.

6 Partie d'une fenêtre mobile sur ses gonds.

7 Large ouverture qui permet le passage.

8 Terrain aménagé devant un édifice en vue d'en dégager les abords (syn. parvis, place).

9 Lieu inculte et humide (syn. marais, étang).

 

Document 2


L'appartement de Bellune (p.37)

A la sortie du métro Iéna, elle descendait l'avenue jusqu'à la Seine et longeait les jardins du Trocadéro. Bellune habitait un peu plus loin, dans l'une de ces rues perpendiculaires au quai de Passy.

L'appartement, au dernier étage de l'immeuble, était surmonté d'une terrasse d'où l'on voyait les toits du quartier, la Seine et la tour Eiffel. Bellune avait disposé des transats1 et une table en bordure de la terrasse que cernait2 une rampe3 blanche à l'aspect de bastingage4.

Les fenêtres de la pièce de séjour donnaient sur la rue et le mobilier consistait en une table longue, un fauteuil de cuir et un piano droit. Un couloir menait à la chambre de Bellune.

Patrick Modiano, 1981, Une jeunesse, Paris, Editions Gallimard, Collection Folio, p.37.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Chaise longue pliante en toile.

2 Entourer, circonscrire.

3 Barrière à hauteur d'appui.

4 Mur à hauteur d'appui bordant le pont d'un navire (syn. garde-fou, parapet, rampe).

 

Document 3


L'appartement de Bejardy (pp.64-67)

L'appartement était situé quai Louis-Blériot, dans un groupe d'immeubles auquel on pouvait accéder aussi par l'avenue de Versailles. Quand ils arrivèrent au troisième étage, Louis remarqua, près de la sonnette, une petite plaque de marbre qui portait, gravées en caractères d'or, les lettres: R. de B.

- Ça veut dire quoi? demanda-t-il à Brossier.

- Roland de Bejardy.

Brossier sonna. Un homme brun, de haute taille, la quarantaine, ouvrit.

- Roland, je te présente Louis Memling... Roland de Bejardy...

- Enchanté.

Il les guidait jusqu'au salon, une pièce vaste dont les fenêtres donnaient sur la Seine. Après leur avoir désigné un canapé de velours bleu pâle, il s'assit derrière un bureau de style Louis XV.

[...]

Brossier saisit Louis par le bras, et lui chuchota:

- Vous avez vu son bureau, Louis? C'est du plus pur style Louis XV... Regardez les moulures1 de bronze... aux sabots2, là en bas... en forme de feuilles d'acanthe3...

Ils prirent place sur un autre canapé de velours bleu pâle. Le plateau d'apéritifs avait été disposé au milieu de la table basse, une table de laque noire, aux pieds courts et torsadés4, chinoise peut-être.

- Whisky? Porto?

Bejardy leur tendait les verres. Louis jetait des regards autour de lui. A droite, une bibliothèque occupait le mur, et sur les rayons étaient rangés des livres aux reliures massives et flamboyantes5, la plupart dans des emboîtages6. En face, sur le marbre7 de la cheminée, la photo d'une belle jeune femme brune dans un cadre d'argent. La femme de Bejardy? Ce type était-il vraiment garagiste? Louis n'osait pas le lui demander.

Par la porte-fenêtre, il voyait les quais et le bâtiment blanc de l'usine Citroën, de l'autre côté de la Seine. Une grue8 soulevait des blocs de pierre. Pourquoi cet appartement trop cossu9 de Bejardy et, sur l'autre rive, ce paysage d'usines, de docks10 et d'entrepôts11, dans un jour grisâtre12? Non, ce n'était pas un hasard si Bejardy vivait ici, et le contraste entre les reliures, les moquettes trop lourdes du salon, et les petites maisons tristes de Javel habitait sûrement cet homme.

Patrick Modiano, 1981, Une jeunesse, Paris, Editions Gallimard, Collection Folio, pp.64-67.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Ornement allongé à profil constant, en relief ou en creux.

2 Garniture de métal destinée à protéger l'extrémité d'une pièce de bois (pied de meuble, etc.).

3 Ornement architectural (ex. Les feuilles d'acanthe des chapiteaux corinthiens).

4 Motif ornemental imitant la torsade. Torsade: rouleau de fils tordus en hélice, en spirale.

5 Style caractéristique de l'architecture gothique française tardive (XVe), où certains ornements sont en forme de flamme.

6 Etui d'un livre de luxe.

7  Plateau de marbre de la cheminée.

8 Machine qui permet de lever et de manipuler, de déplacer des choses.

9 Qui dénote l'aisance, l'opulence (syn. riche).

10 Hangar situé en bordure du dock (syn. entrepôt). Dock: vaste bassin entouré de quais et destiné au chargement et déchargement des navires.

11 Bâtiment, emplacement servant d'abri, de lieu de dépôt pour les marchandise (syn. dock, hangar).

12 Qui tire sur le gris. Fig. morne.

 

Document 4


Les pavillons de la Cité universitaire (Brossier et Jacqueline Boivin) (pp.84-91; 153-154)

Ils traversèrent le boulevard et, guidés par Brossier, pénétrèrent dans la Cité universitaire.

- Voilà où je passe mes week-ends, dit Brossier en souriant. Venez... C'est par là...

Ils prirent, à gauche, un chemin bordé de pelouses1, franchirent le seuil2 d'un bâtiment massif3, suivirent un couloir où ils croisaient des groupes d'étudiants.

- Ma fiancée nous attend à la cafétéria... Par ici...

[...]

- Oui... je venais depuis longtemps ici, dit Brossier. Surtout quand j'avais le cafard... J'ai toujours aimé la Cité universitaire... C'est un monde à part... Je traînais dans le hall de tous les pavillons4... Dans la salle de télévision... Vous comprendrez... Il y a un charme ici...

[...]

Ils quittèrent la cafétéria. Brossier voulait leur faire visiter la Cité universitaire et leur énumérait le nom des divers pavillons, comme les provinces de son royaume.

[...]

Brossier avait pris Jacqueline par la main et se montrait de plus en plus disert5, tandis qu'ils poursuivaient leur visite. Il expliquait à Odile et Louis qu'en été, on restait tard sur la grande pelouse, à écouter des voix et des rires dans la nuit. Au mois de juin, il y avait la fête de la Cité. Un bal dans le hall du pavillon des Provinces françaises.

[...]

Il leur montra sur le boulevard le grand café Babel, qui était, selon lui, une annexe de la Cité. Oui il faisait bon, les soirs de juin, d'y prendre un verre en écoutant bruisser6 les feuillages des arbres. Puis ils se promenèrent dans le parc Montsouris.

[...]

Ils s'assirent à la terrasse du Chalet du Lac.

- Voilà... dit Brossier... Vous connaissez à peu près tout de notre royaume...

Et il révéla à Odile et Louis que, s'il en avait la possibilité, c'était là qu'il vivrait sans jamais éprouver le moindre désir de sortir de ce périmètre magique. Jacqueline, sa fiancée, en dehors de la Cité universitaire et de la faculté de sciences, ignorait tout de Paris.

[...]

- Et maintenant, dit Brossier, nous allons vous emmener chez nous.

Ils suivirent une allée de graviers7, jusqu'à la lisière8 d'un village. De petites maisons aux allures de bungalows, de chaumières ou de cottages, étaient éparpillées le long des pelouses, parmi les massifs et les bouquets d'arbres.

- L'endroit le plus agréable de la Cité, dit Brossier... Le quartier Deutsch de la Meurthe...

Ils étaient arrivés devant l'une des maisons, de style anglo-normand, avec un toit à pans9 coupés. Sur son flanc10, montait un escalier à la rampe de bois vert. Brossier leur laissa le passage.

- Tout en haut...

La chambre était spacieuse et possédait même un balcon. Près du lit le mur était couvert de photos de Jacqueline. Pas un meuble, sauf une chaise cannée11.

[...]

Ils quittèrent à regret la chambre. On se promit de passer le prochain week-end ensemble, à la Cité. Pourquoi Odile et Louis ne reviendraient-ils pas demain dimanche?

Dehors, ils levèrent la tête. Jacqueline et Brossier, penchés au balcon, leur souriaient. Le silence, autour d'eux. Une odeur de mousse. Ils se guidaient aux lumières des autres pavillons. Comment rejoindre le boulevard Jourdan et la gare? Paris semblait si lointain, au cœur de ce village... Dans la demi-obscurité, Louis aurait juré qu'ils traversaient la clairière12 d'une forêt.

 

Place Jussieu, comme le soir était tiède, Brossier les attendait à l'une des tables de la terrasse.

[...]

Il eut un geste large qui balayait la place, devant lui.

- J'adore ce quartier de Jussieu... Nous ne le quittons jamais, Jacqueline et moi, en dehors de la Cité universitaire...

La place, avec ses arbres, était celle d'une ville de province. Quelques personnes au bord du trottoir jouaient aux boules. Dans le café-tabac voisin, éclata une musique de juke-box.

- Il faudrait que je vous fasse visiter le quartier... Vous avez le jardin des Plantes, tout près... Et les arènes de Lutèce où Jacqueline m'emmène de temps en temps... Quand nous n'allons pas au Restau U ou au réfectoire de la Cité, nous dînons dans un petit restaurant mexicain à côté des arènes de Lutèce...

Patrick Modiano, 1981, Une jeunesse, Paris, Editions Gallimard, Collection Folio, pp.84-91; 153-154.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Terrain couvert d'une herbe courte serrée.

2 Entrée d'une maison, sol qui entoure la porte d'entrée (syn. pas de la porte).

3 Qui constitue une masse, qui présente l'apparence d'une masse épaisse, lourde et compacte.

4 Corps de bâtiment qui se distingue du reste de l'édifice dont il fait partie ou maison particulière plus ou moins petite.

5 Qui parle avec facilité et élégance (syn. éloquent).

6 Produire un bruit léger, confus (syn. bruisser, frémir, murmurer).

7 Ensemble de petits cailloux servant au revêtement des allées dans un jardin.

8 Partie extrême d'un terrain (syn. bord, bordure, limite).

9 Face d'un objet (syn. côté).

10 Partie latérale (syn. côté).

11 Garnie de brins de jonc ou de rotin entrelacés.

12 Endroit dégarni d'arbres dans un bois, une forêt (syn. échappée, trouée).

 

Document 5


L'appartement de Louis et Odile (pp.99-100)

En février, Brossier leur procura1 un nouveau logement. Un jour qu'il était venu chercher Louis porte Champerret, il s'étonna de l'exiguïté2 de la chambre et de la chaleur étouffante que diffusait l'énorme radiateur.

- Vous ne pouvez pas rester ici, mon vieux... Pourquoi ne m'en avoir jamais parlé?

Justement, il connaissait un «deux-pièces» disponible que lui-même avait voulu louer mais il avait changé d'avis, le jugeant trop éloigné de la Cité universitaire. C'était au début de la rue Caulaincourt, de l'autre côté du pont de fer qui surplombe3 le cimetière Montmartre. Et le loyer? Tout à fait modique4, le loyer. Il en parlerait à Bejardy. Non, Bejardy ne se sentirait pas le cœur de les laisser, Odile et lui, dans une minuscule mansarde5 surchauffée.

Ils s'installèrent rue Caulaincourt le mois suivant, et cet appartement leur sembla immense. La pièce principale était un atelier6. Dans un coin, seuls vestiges7 de l'artiste qui avait vécu ici, un ventilateur aux pales8 énormes et un bar en demi-cercle. Sa laque9 noire et écaillée s'ornait de dessins d'inspiration chinoise, comme la chemise que Brossier aimait porter à la Cité universitaire. Par la baie vitrée10, on voyait le sud-ouest de Paris.

Bejardy leur offrit un lit et un fauteuil au tissu grenat11, Brossier deux chaises cannées12 et une lampe. Il y avait même le téléphone. Et une cuisine bien équipée. [...]

Un soir, on pendit la crémaillère13, comme disait pompeusement14 Brossier. Celui-ci expliqua que Jacqueline Boivin, sa fiancée, ne serait - hélas - pas des leurs: de la Cité universitaire, la rue Caulaincourt paraissait le bout du monde. Il fallait traverser la Seine, et ce fleuve marquait la frontière entre deux villes qui n'avaient rien en commun.

Patrick Modiano, 1981, Une jeunesse, Paris, Editions Gallimard, Collection Folio, pp.99-100.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Faire obtenir par ses soins.

2 Petitesse d'un espace.

3 Dominer en se trouvant au-dessus et en surplomb; qui dépasse, qui avance au-dessus de.

4 Qui est peu considérable, en parlant d'une somme d'argent (syn. faible, médiocre, minime, modeste, petit).

5 Chambre aménagée dans un espace situé entre le dernier étage et le toit et dont un mur est en pente du fait de l'inclinaison du toit.

6 Lieu où travaille un artiste (peintre, sculpteur).

7 Ce qui reste, ce qui demeure (syn. ruine).

8 Partie d'une hélice.

9 Peinture très résistante, qui, étalée sur un revêtement, a l'aspect brillant de la laque.

10 Baie vitrée: panneaux garnis de vitres.

11 Rouge sombre.

12 Garnies de brins de jonc ou de rotin entrelacés.

13 Pendre la crémaillère: fêter son installation dans un nouveau logement.

14 Avec une solennité exagérée.

 

Document 6

L'appartement de Mary Bakradzé (p.105)

Le dimanche, Odile et Louis se rendaient chez elle. Mary habitait cette zone composite1 entre l'avenue de la Grande-Arme et l'avenue Foch, là où s'amorce2 le seizième arrondissement massif et résidentiel, mais où les rues subissent encore l'attraction des magasins de cycles3 et de roulements à billes4, des garages, des anciens dancings et du fantôme de Luna Park.

Ils se promenaient tous les trois au bois de Boulogne, de la porte Dauphine jusqu'aux lacs. Et là, ils prenaient une barque et canotaient5 pendant une heure. Ou bien ils accostaient6 au ponton du Chalet des îles et faisaient une partie de golf miniature. A la tombée du soir, ils regagnaient l'appartement de Mary. Celui-ci se composait de trois pièces, les deux premières servant d'entrée et de salon. La troisième, à laquelle on accédait par un long couloir, était la chambre de Mary.

Patrick Modiano, 1981, Une jeunesse, Paris, Editions Gallimard, Collection Folio, p.105.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Formée d'éléments très différents, souvent disparates (syn. divers, hétéroclite, hétérogène).

2 Commencer, débuter.

3 Tout véhicule à deux ou trois roues mû par la pression des pieds sur les pédales ou par un petit moteur (bicyclette, cyclomoteur).

4 Roulement à bille: mécanisme destiné à diminuer les frottements entre des pièces roulant l'une sur l'autre.

5 Aller se promener en canot, en barque (syn. ramer).

6 S'approcher contre, se mettre bord à bord avec (syn. aborder).

 

Activités de compréhension

Documents 1à 6

Dans les extraits du roman de Modiano, plusieurs éléments nous permettent de déterminer le confort des logements des personnages et le niveau de vie de ses occupants.

 

1. En vous appuyant sur des éléments du texte, indiquez l'adresse de chacun des logements. Puis, en vous aidant d'un plan ou d'une carte de Paris que vous trouverez sur internet, situez chacun des logements dans Paris (arrondissement, centre/périphérie).

Exemple: La chambre de bonne d'Odile: Porte de Champerret: 17e arrondissement, périphérie nord-ouest  de Paris.

L'appartement de Bellune:.............................................................................................................................................

L'appartement de Bejardy:............................................................................................................................................

Les pavillons de la Cité universitaire où habitent Brossier et Jacqueline:......................................................................

L'appartement de Louis et Odile:...................................................................................................................................

L'appartement de Mary Bakradzé:.................................................................................................................................

 

2. Remplissez le tableau suivant.

                         Eléments de

                                confort

 

Logements

des personnages

L'étage (bas/haut)

L'espace (petit/grand)

Le mobilier (modeste/

luxueux)

La chambre de bonne

d'Odile

 

 

 

 

L'appartement de Bellune

 

 

 

 

 

L'appartement de Bejardy

 

 

 

 

 

Les pavillons de la Cité

Universitaire où vivent

Brossier et Jacqueline

 

 

 

L'appartement de Louis et

Odile                     

 

 

 

 

L'appartement de Mary

Bakradzé

 

 

 

 

 

3. En vous appuyant sur vos réponses, commentez le niveau de vie des différents personnages du roman de Modiano.

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Document 7

Jacques Prévert (1900-1977) est un poète français dont la poésie se caractérise par le langage familier et par les jeux sur les mots. Très attaché à Paris, il a écrit de nombreux textes sur la capitale, rassemblés dans Paris est tout petit.

 

Extrait du poème "ENFANCE"

C'est grand, Paris, c'est plein de petites villes qui sont découpées en quartiers avec des rues qui ne ressemblent pas à celles de tout à côté ou qui se ressemblent tellement qu'on croirait que c'est la même. On va très vite partout avec le métro, le tramway ou l'autobus. Il y  a aussi le chemin de fer de ceinture avec un wagon-bar où mon père souvent oublie sa station.

Jacques Prévert, 2009, Paris est tout petit, Paris, Editions le cherche midi.

 

Document 8

Jacques Roubaud (1932- ) est un poète, romancier, essayiste et professeur de mathématiques français dont l'œuvre se trouve à la croisée de diverses influences (littérature médiévale, japonaise, en langue anglaise). Il a écrit de nombreux poèmes sur Paris, rassemblés dans La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains.

 

Extrait du poème "Arrondissements"

Les vingt arrondissements de Paris se partagent entièrement sa surface. Pas un coin ne leur échappe.

Chaque arrondissement de Paris est un espace connexe1. On peut aller d'un point à un autre d'un arrondissement quelconque, en marchant continûment, sans jamais en sortir.

Certains couples d'arrondissements ont une frontière commune: le Ier jouxte le IIe, le IIe jouxte le IIIe, etc.

Quand on franchit la frontière d'un arrondissement pour pénétrer dans un autre, on a toujours un petit frisson2: ainsi M. Roubaud, quand il traverse la rue d'Amsterdam, où il habite, car le côté des numéros impairs de cette rue est dans le VIIIe, et pas dans le IXe (ce que la poste se chargera de vous rappeler en tamponnant une lettre à M. Roubaud adressée dans le VIIIe, d'un sévère «courrier mal adressé, courrier retardé»). Mais la frontière, où est-elle exactement? est-ce une frontière épaisse, de toute la largeur de la rue?

Les points les plus remarquables de Paris sont ceux où se rencontrent plusieurs arrondissements: ainsi, place de l'Etoile, les VIIIe, XVIe et XVIIe. Le carrefour du boulevard de Belleville, de la rue de Belleville, de la rue du Faubourg-du-Temple et du boulevard de la Villette appartient de droit3 à quatre arrondissements: les Xe, XIe, XIXe et XXe. Il y a d'autres exemples, dont vous établirez aisément la liste.

Quatre couleurs et quatre couleurs seulement suffisent pour colorier le plan de Paris de manière à ce que deux arrondissements contigus4 ne soient pas de la même couleur.

Jacques Roubaud, 1999, La forme d'une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humains, Paris, Editions Gallimard, Collection Poésie.

 

Notes (définitions tirées du Petit Robert)

1 Qui a des rapports étroits avec un autre espace.

2 Mouvement convulsif qui accompagne une émotion, une impression (syn. frémissement, saisissement, tremblement, tressaillement).

3 De droit: de façon légitime.

4 Qui touche autre chose (syn. adjacent, attenant, voisin).

 

Activités type Bachibac

Questions de langue

Consigne: Expliquez les expressions suivantes.

- Texte 1: «on gagnait le large»:.....................................................................................................................

- Texte 4: «quand j'avais le cafard»:................................................................................................................

Consigne: Dans le texte 4, le mot «massif» apparaît deux fois. Cependant, il prend un sens différent dans chaque cas.

- «le seuil d'un bâtiment massif»:..................................................................................................................

- «parmi les massifs et les bouquets d'arbres»:..............................................................................................

Consigne: Le texte 1 et le texte 6 évoquent «la porte Champerret» et «la porte Dauphine». Que sont ces portes?

.......................................................................................................................................................................

 

Question d'argumentation 1 (250 mots)

Consigne: Dans le roman de Modiano, le personnage de Jacqueline ignore tout de Paris en dehors de la cité universitaire. Comme cela se produit dans beaucoup de capitales et de grandes villes, la plupart des habitants de Paris ne connaît qu'une partie infime de la ville. Ils mènent leur vie dans un nombre limité d'espaces. A tel point que les quartiers deviennent des sortes de villages avec leurs associations de voisins, leurs commerces de proximité, etc. A la division administrative de Paris répond une division affective, basée sur le vécu et la subjectivité des Parisiens.  Argumentez.

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Question d'argumentation 2 (250 mots)

Consigne: Dans le roman de Modiano, Brossier explique que la Seine «marqu[e] la frontière entre deux villes qui n'[o]nt rien en commun». Que vous évoque le mot «frontière» à propos des inégalités sociales?

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