Figures de style et rimes.

Poésie: les principales figures de style et l’essentiel sur les rimes.

1)     Les figures de styles :

Une figure de style (ou de rhétorique) est un procédé qui agit sur la langue afin de créer un effet de sonorité ou de sens. Les principales figures de style que vous pourrez rencontrer dans les textes que vous étudierez sont présentées ci-dessous, par ordre alphabétique.

Une allégorie : Personnification d’une idée abstraite.

- Ô Mort, vieux capitaine, il est temps !

 

Une allitération : Répétition d’une ou de plusieurs consonnes dans un groupe de mots.

Allitération en [s] dans Colombine de Verlaine : Cassandre sous son 

                                                                                       Capuce

Une anaphore : Répétition d’une même expression ou d’un même mot en début de phrases ou de vers.

Partout l’image idée, partout la pensée fleur, partout les fruits.

 

Une antithèse : 2 termes de sens opposés dans une même phrase.

Le navire était noir, mais la voile était blanche.

 

Une assonance : Répétition d’une même voyelle dans un groupe de mots.

Assonance en [u] dans Je vous envoie un bouquet de Ronsard : Qui ne les eût à ce vêpre cueillies                                                                                             Chutes à terre elles fussent demain

 

Un chiasme : Structure en croix qui associe 2 termes sans nécessaire rapport entre eux.

Il regarde longtemps, longtemps cherche sans voir.

 

Une comparaison : Établir un parallèle entre un comparé et un comparant à l’aide d’un mot outil (comme, semblable à…).

Tes yeux sont bleus comme le ciel.

 

Un enjambement : Rejet au vers suivant d’un ou de plusieurs mots nécessaires au sens du premier vers.

Trois mille six cents fois par heure, la Seconde

Chuchote : souviens-toi ! –Rapide, avec sa voix

D’insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois,

Et je t’ai pompé ta vie avec ma trompe immonde !

 

Une énumération, une accumulation : Juxtaposition d’une série de termes.

Un gros meuble à tiroirs encombrés de bilans, de vers, de billets doux, de procès, de romances.

 

Un euphémisme : Formulation adoucie d’une idée qui pourrait paraître trop brutale.

Il est décédé (il est mort).

 

Une gradation : Succession de mots ou d’expressions de sens voisins et dont l’ordre traduit une progression croissante ou décroissante.

Elles piaillaient, beuglaient, hurlaient

 

Une hyperbole : Exagération dans le choix des mots.

Un bruit à réveiller un mort.

 

L’ironie : Dire le contraire de ce que l’on pense.

Surtout ne te presse pas ! 

 

Une litote : Utilisation d’une expression suggérant beaucoup plus que ce qu’elle ne dit réellement.

Va, je ne te hais point. (Je t’aime)

 

Une métaphore : Établir une assimilation entre un comparé et un comparant qui sont rapprochés sans outil de comparaison. Une métaphore filée est développée et poursuivie sur plusieurs mots.

Et tes mains, feuilles de l’automne.

 

Une métonymie : Remplacer un élément par un autre élément appartenant au même ensemble logique (contenu-contenant ; partie-tout).

Boire un verre.

 

Un oxymore : Réunir à l’intérieur d’une même expression deux mots aux sens opposés.

Une obscure clarté.

 

Une périphrase : Remplacer un terme par une expression qui le définit.

Paris : La capitale de la France.

 

Un pléonasme : Répétition de termes superflue.

Descendre en bas.

 

Un rejet : Procédé selon lequel un groupe de mots placé en fin de vers est complété par un mot au début du vers suivant. (Le rejet est ce qui est placé au-delà de la coupe ; le contre-rejet est ce qui précède la coupe.)

Et la machine ailée en l’azur solitaire

Fuyait, et pour la voir vint de dessous la terre.

 

Une synecdoque : Remplacer un mot par un autre ayant une relation d’inclusion avec celui-ci (la partie pour le tout ou le tout pour la partie). Cas particulier de la métonymie.

Le tout pour la partie : Metz a gagné la finale (pour « l’équipe de foot de Metz »…)

La partie pour le tout : Je quitterai bientôt ces murs (pour « cette maison »…)

 

 

 

2)     Les rimes 

 

Rime : Retour à la fin de deux ou plusieurs vers, de la même consonance de la terminaison accentuée du mot final.

 

Richesse des rimes :

Rimes pauvres : la voyelle seule est semblable. Il ne s’agit que d’une simple assonance

Ex : ami/pari.

Rimes suffisantes : la consonne précédant la voyelle accentuée est la même dans les deux mots

Ex : Bannir/finir.

Rimes riches ou très riches : présence de plusieurs syllabes identiques de son et d’articulation (trois sonorités ou plus)

Ex : vaillant/travaillant.

 

Nature des rimes :

Rimes féminines : elles se terminent par une syllabe muette

Ex : tourelle/belle.

Rimes masculines : elles se terminent par une syllabe tonique

Ex : fleur/labeur.

N.B. : Cette distinction n’a donc rien à voir avec le genre grammatical des mots. Depuis le XVIIème siècle, la disposition des rimes se plie à la règle de l’alternance des rimes féminines et des rimes masculines.

 

Disposition des rimes :

Rimes plates ou suivies : AA-BB.

Rimes embrassées : AB-BA.

Rimes croisées : AB-AB.

 

Le sonnet correspond à l’un des deux schémas suivants :

-ABBA ABBA CCD EED (sonnet italien ou marotique).

-ABBA ABBA CCD EDE (sonnet français).

Le sonnet est composé de 2 quatrains (strophes de 4 vers) et de deux tercets (strophes de 3 vers). C’est une des formes poétiques fixes classiques avec le rondeau et la ballade.

 

Le rondeau était très utilisé au Moyen-âge. La Pléiade le rejettera pour lui préférer le sonnet. Le rondeau impose la reprise du premier vers en refrain tout au long du poème. Il contient seulement deux rimes.

 

La ballade est composée de 3 strophes carrées (le nombre de vers de la strophe est égal au nombre de syllabes par vers, par exemple une strophe de 10 vers sera composée de décasyllabes.)

 

À partir du XIXème siècle apparaît le vers libre et les poèmes en prose. Le vers est défini par retour à la ligne et les jeux de sonorités et les figures de style deviennent essentiels.    

Longueur des strophes et des vers :

Nombre de vers

2

3

4

5

6

Nom de la strophe

distique

tercet

quatrain

quintil

sizain

 

Nombre de syllabe

5

6

7

8

10

12

Nom du vers

pentasyllabe

hexasyllabe

heptasyllabe

octosyllabe

décasyllabe

alexandrin

 

 

Diérèse et synérèse : On parle de diérèse et la synérèse en cas de diphtongue (collusion de deux voyelles distinctes).

 

Diérèse : on prononce distinctement les deux sons des voyelles, prononçant ainsi deux syllabes.

Ex : une [li][ai][son] – 3 syllabes.

 

Synérèse : on ne prononce pas distinctement les deux sons des voyelles, ne prononçant ainsi qu’une seule syllabe.

Ex : une [liai][son] – 2 syllabes. 

 

 

Coupes, hémistiches, césures.

 

Une césure : Coupe qui est placée dans un vers entre deux groupes rythmiques. (L’alexandrin classique se partage en 2 hémistiches de 6 syllabes séparés par une césure).

Partout, en Italie, // aux Gaulles, en Espagne,

La fortune ne le suit, // et l’amour l’accompagne.

 

L’hémistiche : moitié d’un vers, marqué par une césure.

Qui n’a pu l’obtenir // ne le méritait pas.

 

N.B. : Remarques sur la lecture d'un poème:


Respectez le rythme des vers. Attention aux e muets, aux diérèses, aux enjambements.
Rappelons ici au sujet des e muets que toute syllabe contenant un e muet compte pour un pied si le e se trouve devant une consonne ou un h aspiré. Il faut alors prononcer distinctement le e.

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