Les registres de langue

Les registres de langue

Un registre de langue est une manière de s’exprimer. Il retient généralement trois registres de langue, ce qui veut dire qu’il existe trois manières de s’exprimer pour dire une même chose. Registre de langue et niveau de langue sont des expressions synonymes.

Attention à ne pas confondre registres de langue (familier, courant, soutenu) et registres littéraires (comique, tragique, ironique, épique, lyrique…).

 

Niveau familier

Niveau courant

Niveau soutenu

 

Type de vocabulaire

-Relâché, familier, parfois argotiques[1] ou grossier.

 

Le registre familier est celui d’une parole spontanée, de l’oral.

-Habituel, neutres.

 

-Pas de termes recherchés ou spécialisés, termes compris par tout le monde.

Le registre courant est employé à l’écrit comme à l’oral.

-Recherché, voire rare.

 

-Littéraire, poétique.

 

-très précis.

 

Le registre soutenu n’est pas spontané, c’est le registre de l’écrit.

syntaxe

-Phrases sans verbes

-Phrases juxtaposées

-Pas de concordance des temps

-Répétitions

-Ellipses

-Absence du « ne » dans la négation.

- …

-Règles de grammaire respectées, usage correct.

- Phrases coordonnées

-Concordance des temps.

-Phrases complexes « simples » (relatives, subordonnées de temps, etc.)

-Les règles sont respectées

-Les phrases et les  constructions sont complexes

-La concordance des temps est rigoureusement respectée (avec emploi des subjonctifs  imparfaits et plus-que-parfaits)

Figure de style

 

Hyperboles, périphrases, expressions toutes faites.

Ton neutre, effets de style limités.

Figures de style, recherches d’effets.

Que peut révéler ce registre de langue ?

-L’interlocuteur est un ami ou de la famille, un intime.

 

 

-Situation de spontanéité

 

 

 

-Milieu populaire.

 

 

 

 

-Jeu avec le langage.

-L’interlocuteur est peu ou pas connu.

 

 

 

-Circonstances quotidiennes.

 

 

-Relation professionnelles occasionnelles ou administratives.

 

-Échange neutre.

 

 

-L’interlocuteur est en situation de supériorité par rapport à celui qui parle.

 

-Situation de communication de contrainte.

 

-Milieu socioculturel élevé, très bon niveau d’éducation.

 

 

-Effort, recherche pour bien s’exprimer.

 

Exemples, extraits

 

Phrase 1 : J’sais pas c’qu’y a eu.

 

Phrase 2 : J’cassais la dalle[2] quand j’l’ai vue, la nana[3] qu’j’ai dans la peau[4].

 

Extrait : « On va le saler ce coco… » (Modiano, Une jeunesse, p50)

Phrases 1 : Je ne sais pas ce qui s’est passé.

 

Phrase 2 : J’étais en train de manger quand j’ai rencontré celle que j’aimais tant.

 

Extrait : « M. Axter est le directeur de l’institution où nous allons suivre des cours » (Modiano, Une jeunesse, p 122)

Phrase 1 : J’ignore ce qu’il est advenu.

 

Phrases 2 : Je me restaurais quand entra dans ma vie celle pour qui je brûle d’une passion folle.

 

Extrait : « Vous qui fûtes la grâce ou qui fûtes la gloire, nul ne vous reconnaît » (Baudelaire, Tableaux parisiens, « Les petites vieilles »)



[1] Argot = expressions venues du milieu de la délinquance

[2] Casser la dalle = manger (expression familière)

[3] La nana = la fille, la femme (familier)

[4] Je l’ai dans la peau = je l’aime (familier)

 

Le verlan :

Le verlan est une manière de parler qui appartient au registre familier. Le verlan fonctionne par inversion des syllabes d’un mot, mais les syllabes une fois inversées ne conservent pas leur orthographe, on écrit comme on entend (le verlan = l’envers).

Son usage s’est développé à partir de la Seconde Guerre mondiale, au début, il servait à crypter le langage dans le milieu ouvrier et immigré de la banlieue parisienne. Aujourd’hui, grâce à son usage au cinéma et en musique, il s’est beaucoup répandu.

 

Exemple de verlan, extrait de la chanson « Saint Dennis » de Grand Corps Malade :

« Après le marché on ira ché-mar rue de la République, le sanctuaire des magasins pas chers

La rue préférée des petites rebeus bien sapées[1] aux petits talons et aux cheveux blonds peroxydés[2] »

 

Ché-mar = marcher

Rebeus = beurs

Beurs est un mot qui désigne les descendant des immigrants magrébins en France. Le mot « beur » est lui-même un verlan du mot « arabe ».



[1] Sapé = habillé (familier)

[2] Peroxydé = Décolorés. Le peroxyde d'hydrogène est un liquide qui sert à décolorer les cheveux.

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